Rock en seine 2006

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Rock en seine 2006

Message  Pistache le Lun 11 Sep - 15:55

Aaaaaah, quel putain de festival. Décidément, quel putain de festival.

Avec mon compère Matthieu que vous connaissez bien aujourd'hui, nous arrivons vers 15h30 un truc comme ça, pour tapper la discute avec deux autres amies avec qui on avait rendez vous.
Comme l'année dernière, il flotte, y'a moins de gadou mais le ciel est plus sombre, et dans mes fantasmes, je me mets à imaginer un nouveau Woodstock, où la pluie est bien présente, mais ne frêne personne, et sur le rythme d'une musique libératrice, on se vautre dans la boue avec un sourire constant... Bon, arrêtons de rêver, parlons musique. (Donc, continuons de rêver, en fait).
On commence sur la grande scène, avec ce petit groupe pote de Sofia Coppola, j'ai nommé Phoenix. Tout le monde m'en avait parlé, me disait que j'avais forcemment entendu des morceaux, mais rien ne me revenait. Pourtant, avec If i ever feel better, ils avaient même squatté Fun Radio. Là, ils nous en offre une version surprenante, électrique et musclée, assez intense. On retiendra aussi Long distance call, avec son refrain explosif (du moins en concert) "It's never been like that, it's never been like that, it's never been like that..." et une chanson dont j'ignore le nom, mais dont le final bruitiste rappelait presque Sonic Youth... Surprenant de la part d'un groupe typiquement pop du 21e siècle.

On se déplace, on change de scène, (sans oublier de visiter la gallerie photos rock'n'roll, de passer au stand rock'n'folk et de se prendre une 'tite bière) pour assister à la première claque du festival, Skin, ex chanteuse de Skunk Anansie. Etant légèrement connaisseur de la demoiselle, je dois avouer que j'étais curieux de voir la performance. Bah putain... Dès qu'elle arrive, elle fout le public en furie : débordante d'énergie, Skin, saute partout, hurle, empoigne même la gratte de temps en temps. "Are you fuckin' ready ??" gueule-t-elle dès le deuxième morceaux. La magnifique Faithfullness passe entre d'autres bombes. Très proche du public et se débattant toujours avec son espèce de long débardeur qu'elle aurait envie d'enlever : "i can't do that, too bad for you i've got some very nice tits". Tu m'étonnes. Une voix fantastique, et malgré un crâne rasée, faut avouer que Skin est une bombe sexuelle. Le morceaux culte de Skunk Anansie arrive, Hedonism, et tout le public reprend en choeur et en yaourt le fameux refrain : "JUST BECAUSE YOU FEEL GOOOOOOOOOOOOOOD...." Finit trop vite, mais que du bonheur.

The Rakes arrive, et même si j'ai déjà mal aux épaules, aux mollets et aux omoplates, j'ai décidé que quelque soit le groupe sur scène, j'allais danser, m'éclater et faire peur aux plus timides. Voilà donc un groupe en vogue sur Mtv et chez les Inrock. et il faut avouer que c'est sympatique mais pas très percutant : la voix du chanteur est bien trop monotaune, et leur coup de "j'en ai rien à foutre je bois de la bière sur scène"... Bon. Cela dit, on s'éclate sur le single Open book, ou tout le monde fredonne le refrain pas difficille à retenir 'oh ohoohoh...Oh ohohoh..." et la reprise surprenante du poinçonneur des Lilas version anglosaxonne.

Pause manger, pause boire, pause pipi, pause débat "Lorie, dans le fond, c'est un requin ou juste une conne ?", puis, la suite, qui se veut moins rock'n'roll, avec Grand Corps Malade.

Alors Grand Corps Malade, il est drôle, touchant, intelligent, il a une putain de voix et de bons textes. Oui mais à un festival de rock, t'as envie de danser, et va danser sur Grand Corps Malade toi. Alors, disons que GCM est la continuation de la pause mais en version plus intelligente quand même, et il est assez amusant de voir une foule attentive et calme à ce qui est sensé être un concert. Au final, une curiosité interessante, avec mon coeur ma tête et mes couilles, l'hommage à une grande dames et d'autres très bons que je ne connais pas... Sincèrement, GCM est un mec avec qui on a envie de sympathiser. J'irai bien boire un verre avec lui, j'suis sûr qu'il a plein de conneries marrantes à raconter.

Retour à la scène principale. Parce que c'est pas tout ça, GCM est bien gentil, mais il vient de me faire rater ma chanson préférée de Beck, Looser... Merde, hein. Mais c'est pas si grave, car Beck a pleins d'autres tours dans son sac. Non mais franchement imaginez : ce mec peut faire de l'électro, du rap, du rock, du folk et de la country. Et parfois il peut tout faire en même temps. Alors entre des ballades tranquilles et un Devil's Haircut qui déchire ou un E-pro jouissif, qu'est ce qu'on peut demander de mieux ? Bah c'est très simple : un délire absolument dément. En plein milieu du concert, le groupe disparaît pour laisser place à un court métrage avec des marionettes à lk'effigie du groupe. Les poupées ne font que des conneries : elles défoncent la porte de la loge de Radiohead pour fumer tout et n'importe quoi et se bourrer la gueule, et quittent les lieux en chantant "This is what you get..." tiré de Karma Police. L'hilarité est générale, et Beck et son groupe réapparait pour une chanson plutôt hip hop... Et le chanteur Beck balance son flow déguisé en ours, normal. La chanson suivante, ils font de la musique avec un banquet (avec des fourchettes, couteaux, assiettes, verres...), et finalement, ils s'affalent par terre ou sur la batterie, laissant tomber leurs instruments. Beck est cinglé, mais génial.

L'attente va être longue, et la guerre pour avoir la meilleure vue possible sur Thom Yorke et sa bande va être impitoyable. Surtout pour les petits. M'enfin, on finira tout de même par trouver notre bonheur, à une petite vingtaine de mètres de la scène (il me semble). Quand plus de 20 000 personnes sont présentes, on s'estime heureux. 21h40, la foule s'arrache les cordes vocales, Radiohead débarque.

Pour démarrer sur un morceaux bien old school qui ravit ceux qui ne sont pas fans de leur partage en couilles électronique. Les images sur le fond de la scène sont psychédéliques, les écrans filment des gros plans de manche de guitare, les lumières bleues achèvent de donner un arrière goût hallucinogène à l'ambiance. Radiohead est sur scène et nous sert en guise de deuxième morceau l'unique 2+2=5. Début inquiétant en arpèges et complaintes du chanteur... Break flippant et planant... Et, enfin, l'explosion tant attendue, démarrant sur un tonitruant "BECAUSE !". Le public éructe de plaisir, et moi je danse comme un damné, perché quelque part dans les nuages.
National Anthem emporte elle aussi l'approbation générale, avec son riff de basse en forme de tourbillon, My Iron Lung pour mon plus grand plaisir, avec chant pop ironique ( et la phrase destinée à la chanson Creep "This is our new song, just like the last one, a perfect waste of time") et explosion bruitiste soudaine qui me donne l'occasion de péter les plombs (et ce ne sera pas la dernière). Les tentatives de Radiohead pour parler directement au public sont sont timides, à part quelques "ça va ?" ou des this our new song", y'a pas grand chose. On s'en fout, on veut juste la musique. Suit un Morning Bell assez basique, un Fake Plastic Trees terriblement émouvant et arracheur de larmes, preuve supplémentaire que Yorke est un compositeur rare et indispensable. Les deux suivantes sont des raretés où le piano est à l'honneur, ainsi que la voix d'un chanteur de plus ou moins de bonne humeur (souvent souriant mais fustigeant son guitariste d'un sympathique "turn this fucking tune on !" après le faux départ de Nude. The Gloaming, avec ses beats de basse électronique et ses lumières vertes aveuglantes, est une expérience particulière : la chanson est terriblement glauque et le son fait vibrer les trippes. Sous la clameur de la foule, la géniale Paranoïd android et ses hallucinants changements de rythme et solos de gratte hendrixiens est superbement interprétée et accueillie. Le méga dépressif Pyramid Song calme le jeu, puis Lucky avec son refrain héroique où les lumières jaunes éblouissent la nuit redonne le sourire. Je me lache à nouveau sur The Bends, ainsi que sur le riff super crasseux et super accéléré de I Might Be Wrong, que l'on pourrait considérer comme le moment le plus rock'n'roll du concert. Les lumières sont toujours puissantes et étudiées de manière très précise, ça donne terriblement de couleurs aux souvenirs. Le public craque complètement une nouvelle fois sur l'electro trippant Idiothèque, qui, il faut le reconnaître, déchire sa mère, surtout pendant le final technoïde complètement schizo. Le magnifique Everything In Its Right place clot la première partie avec u final sur des boucles électroniques planante de la voix de Yorke, que Johnny Greenwood (je crois) s'amuse à faire tourner indéfiniment, rallongeant le morceaux de 2 bonnes minutes. Radiohead quitte la scène, heureusement, à Rock en Seine, les têtes d'affiche bénéficient d'un rappel.
C'est avec You and Whose Army destiné à Tony Blair que celui ci démarre. Tom Yorke seul au piano, une caméra juste au dessus de la gueule, qu'il fixe ave son regard chelou... Un "Come on..." languissant et il se retourne pour faire doucement signe au public de s'approcher... L'effet est saisissant, presque inquiétant. Mais les sensations fortes sont tout ce que promet un concert de Radiohead. Encore un nouveau morceau appelé Bodysnatcher, plutôt entrainant et très bon. Les gros tambours pour démarrer l'un des derniers singles en date, There There, et sont final trippant guitaristiquement parlant. Lorsque retentissent les premiers accords de Karma Police, on se dit qu'il s'agit forcemment du dernier morceau. 1h prévu pour chaque groupe, et Radiohead en est à presque 2h... C'est donc un final reprit par toute la foule et sous l'oeil touché et amusé du groupe que se terminera cette soirée... "This is what you get... This is what you get..." Je mettrai le reste du week end a redescendre.
Alors, disons, pour l'année prochaine, les Stooges et Air au Parc St Cloud, s'est possible ?
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