Pukkelpop 2007

Aller en bas

Pukkelpop 2007

Message  Pistache le Mer 22 Aoû - 13:26

Mallo, j'aimerai que tu m'explique comment on fait pour incorporer des images, comme ça ça vous donnera une meilleure idée des concerts.

Festival rock pop et électro de 3 jours à Kiewit, environ à 70 kilomètres de Bruxelles. 8 scènes, dont le Main Stage et Marquee pour les gros groupes, et certaines qui ressemblent plus ou moins à des boites puisque aucun groupe n'y joue, mais plein de monde y danse sur de la musique littéralement vomie par des basses monstrueuses. Il fait beau, mais le camping sent le fumier. L'herbe n'est pas très verte sur le site, elle le sera encore moins dans quelques heures.

16 août, jour 1

Arrivée au camping vers 10h, sieste. Puis direction Main Stage, vers 14h, pour
Gogol Bordello, gipsy punk ukrainien sur le papier. Festif et explosif, avec un chanteur fou qui ressemble légèrement à Bruce Springsteen. On garde, le festival commence très bien.

Puis les ploucs de Eagles of death metal, qui font tout sauf du death metal. Jesse Devil Huges, chanteur rigolard tatoué et barbu avec une vraie tronche de texan débarque en engloutissant d'une traite un verre de bierre, puis nous offre le goblet. Cool. Musicalement jouissif, purement rock'n'roll, crétin et mal embouché. "I love you so much, i swear i will shake my dick real hard thinkin' about you". Déclaration d'amour dont on aurait peut-être put se passer. Tous les clichés du rock'n'roll bas du front y passent, avec décontraction et un second degré parfaitement assumé. I only want you est le clou du concert, avec sa fin délirante.

Il est 17h et le sol est déjà absolument dégueulasse. Des milliards de gobelets, des frites écrasées, des milliards de mégots... C'est pourquoi nous gardons les yeux fixés sur la scène.

The Editors n'est pas franchement emballant. Un Joy Division bas de gamme avec à la place de Ian Curtis un pauvre gus qui en fait 10 fois trop mais ne paraît pas naturel une seule seconde. Va prendre des cours chez Iggy Pop.

Quant on parle du loup. Avec son corps cicatrisé, musclé et caoutchouteux, l'Iguane s'empare de la scène comme personne. "WE ARE THE FUCKIN' STOOGES !" Et c'est parti. I wanna be your dog repris en coeur par la foule, et Iggy qui se sert du micro comme d'une laisse autour de son cou et jappe comme un roquet particulièrement féroce. Le riff de TV eye qui s'empare des corps et les fait bouger tous seuls. Iggy Pop qui, à 60 ans, se jette dans la foule, baise un ampli, grimpe, se roule par terre, hurle toutes ses trippes dans un boucan diabolique. Mime une camisole de force sur l'hallucinant 1970. Fait monter une quarantaine d'heureux spectateurs sur No fun pour danser et chanter avec eux. Chante "My idea of fun is killing everyone". Et rend la foule complètement dingue en montrant son pubis. Guitare, batterie, saxo et basse copulent comme des bêtes dans une partouze musicale renversante. C'est ça, en fait, le show des Stooges est bandant et sauvage. Et c'est déjà la deuxieme fois que je les vois. I feel all right ! I feel alright !

Bien sûr, ce qui va suivre va paraître bien terne. Les Kaiser Chief sont un peu ennuyeux mais néanmoins sympathique, avec une poignée de bonnes chanson, et malgré un chanteur ventru et pas très charismatique, même quant il grimpe aux échafaudages. Les minettes, en tout cas, sont aux anges.

Devendra Benahrt est un folkeux, un curieux croisement entre Jesus et Jeff Lebowsky qui ne m'a pas vraiment inspiré. Les belges de chez Sharko méritent le revanche le détour, une énergie parfaite et à la foi mystique se dégage du show. A suivre.

On change littéralement de registre avec Soulfly, et le fou dangereux Max Cavalera, ancien frontman des tout aussi charmant Sépultura. Âmes sensibles s'abstenir, ce groupe de Death ne fait pas dans le détail. Paroles éructées, rythmique lourde et solos ultra rapide, et "everybody get the fuck out !". La subtilité de côté, mais une sacrée décharge de puissance vraiment impressionante qui fascine autant qu'elle donne envie de secouer la tête. Mais je me tire quant même au bout d'une quarantaine de minutes, craignant pour ma santé mentale.

Et on finit par Basement Jaxx, groupe de dance pourvu de deux grosse chanteuses black très énergiques et d'un rappeur assez ringard. Des morceaux entendus pour la plupart sur NRJ dans les années 90. Mouais. Faut que j'me couche tôt, je me lève pour Nosfell demain matin...

Dans la tente à 2h du mat'. A suivre...
avatar
Pistache
*Acteur/trice banckable*

Nombre de messages : 346
Localisation : Avignon
Date d'inscription : 25/08/2005

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Pukkelpop 2007

Message  Pistache le Mer 22 Aoû - 16:25

17 août, jour 2

On commence avec un réveil super chouette. Enfin, avec un réveil bien étrange. Un contrebassiste souriant côté jardin, et un curieux personnage côté cours : le crâne rasé, les yeux écarquillés, un corps fin et tatoué qui sent l'automutilation à plein nez. Nosfell embarque son monde dans un voyage unique et atmosphérique, armé d'une guitare électrique ou acoustique, de son talent pour le beat box et de sa voix incroyable. Une voix qui peut se révéler parfaitement féminine et aérienne, et la seconde d'après très grave et rauque. Le premier morceau se termine par un fracassant hurlement et une chorégraphie loufoque et moderne de Nosfell lui même. J'en sors complètement héberlué, et une fois n'est pas coutume, le premier concert de la journée sera aussi le meilleur de ce vendredi.

La suite se veut moins passionante : The Enemy et son punk rock soft n'est remarquable que pour son chanteur extra moche, The Rifles se laisse entendre mais ne vaut jamais guère plus que des applaudissements polis en fin de morceaux. Funeral for a friend est un des groupes stars de la vague "emo", et ne mérite donc pas qu'on en parle. Within temptation , leur chanteuse lyrique et leurs guitares d'une pauvreté affligente sont tout aussi ridicules. Badly Drawn Boy ont des compos gentillettes, c'est plaisant mais y'a pas de quoi faire la révolution.

Un peu de sérieux, que diable : les Hives et leur frontman mégalomane débarquent sur la grande scène. Tous vétus de costards avec cravate rayée, ils nous entrainent avec un paquet de compos qui dépassent rarement les trois minutes dans une ambiance de foire ultra rock'n'roll. Et le chanteur de rajouter "On voudrait jouer toute la nuit, mais on n'a que 45 minutes. Mais 45 minutes de Hives, ca vaut bien 5h de tous les autres groupes du festival !" Une arrogance hilarante pour un leader dopé aux amphets qui semble ne jamais vouloir s'arrêter. Un live excellent en tout points.

UNKLE, collectif électro habitué à collaborer avec les mastodontes du rock (Thom Yorke de Radiohead, Josh Homme des Queens of the stone age), enflamme le Marquee comme il se doit, avec des bombes électro parfaitement huilés, (même si certaines chansons ne sont pas chantées mais repiquées de leur compos originale, le chanteur de Radiohead n'étant pas disponible pour une chanson) et un leader de bonne humeur.

Retour à la grande scène où officie Chris Cornell, mythique ex-chanteur de Soundgarden. D'abord bien rock mais toujours assez complaisant ( étrange pour un ancien boss du grunge), Chris va ensuite saisir une guitare acoustique pour interpreter seul deux compositions ainsi qu'une reprise larmoyante de Bllie Jean. Malgré une tendance agaçante à la guimauve, on est conquit par la voix dantesque du bonhomme. On apprécit, sourire au lèvres, ses reprises d'Audioslave (Show me how to live et Be yourself) et du classique Black hole sun de Soundgarden. Sous une jolie pluie de planche à gobelets.

Arcade Fire débarque sous les acclamations hystériques d'un certain public venu quasiment uniquement pour eux. Il faut dire que la grosse révélation pop de 2005, c'est incontestablement eux. Une dizaine de personnes, avec accordéons, guitares, basses, tambourins pour des chansons aériennes qui ont tout de même réussit à séduire David Bowie et Bono. C'est avec plaisir que je m'apprétais à les revoir (Voir Rock en Seine 2005), c'est hélas la déception : déjà mal servis par un mauvais son, la voix du chanteur est en plus fatiguée et la folie a disparu. Je m'ennuie ferme, et la sentence est la suivante : je me casse.

Voici venir Dinosaur Jr., groupe culte né fin des années 80, dirigé par une sorte de vieil adolescent attardé avec des longs cheveux gris et du bide. Autrefois adulé par Kurt Cobain, ils livre ici une série de chansons punk abrasive parfaites, chantées avec une non chalance fascinante. C'est avec un pincement au coeur et les oreilles qui sifflent que je suis obligé de m'en aller avant la fin, ne voulant sous aucun prétexte louper le début du prochain concert...

Et j'ai eu tord. Car le gros groupe de l'affiche de Pukkelpop 2007, celui qui s'était séparé depuis un bail et que tout le monde attendait au tournant livre une prestation vraiment décevante. Bien en dessous de sa réputation sulfureuse, Smashing Pumpkins livre un set carré mais banal, bon techniquement mais terriblement froid et distant, avec une set list bourré de longues ballades (une des chansons est même composée uniquement d'un piano et d'une voix !) et de morceaux mineurs. Même le tube explosif Bullet with butterfly wings semble précipité. Billy Corgan a une sacrée voix, soit, mais au lieu de vouloir à tout prix ressembler à Nosferatu, il ferait mieux de montrer un peu plus d'entrain à jouer ses propres compos en live. Révélateur : le chauve géant n'aura qu'un sourire dans la soirée : "Vous savez qu'on a un nouvel album ?"

Longue journée avec trop peu de très bons concert et trop de déceptions, c'est avec une certaine amertume que je me couche arrivé 2H du mat.

A suivre...
avatar
Pistache
*Acteur/trice banckable*

Nombre de messages : 346
Localisation : Avignon
Date d'inscription : 25/08/2005

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Pukkelpop 2007

Message  Pistache le Mer 22 Aoû - 17:45

18 août, jour 3

Ravalant ma déception de la veille, je décide d'être motivé et extrêmement indulgent avec tous les concerts que je verrai ce jour-là. En fait, je n'en aurait pas vraiment besoin.

Voxtrot
est une bande de jeunes garnements qui en veulent et jouent un rock simple, efficace et enthousiasment. On peut faire exactement la même remarque sur les Shins, qui d'après mes sources sont responsables de la BO de Garden State. Deux découvertes bien sympathiques donc pour commencer cette première journée.

Lacuna Coil est un hybride absolument inédit de, disons de dance façon Eurithmics en plus ringard et de... Deftones, en moins intelligent. Visiblement, le groupe ne se prend vraiment pas au serieux, et les sons ultra kitchs 80's top moumoutte mélangés à des hurlements bien crispant me permettent d'escquisser quelques fous rires.

Suit The Streets, groupe de rap funky tipiquement british mené par un branleur de première, qui joue au frisbie avec les premiers rangs, toujours une bière à la main. Malgré un flow un peu mou du genou, le show est d'une coolitude absolue, et on ne peut qu'éprouver de la sympathie envers ce rappeur incongru à l'humour sarcastique.

Ah, Silverchair. Toi qui a mit de la boue sur ma folle jeunesse, qui m'a fait comprendre que de toute façon le monde il est trop pourri, et qui m'a apprit l'amour avec tes belle ballades (remember miss you love, black tangled heart...) et ta belle voix de névrosé dépressif. Enfin, je vous vois sur scène. Et j'en sortirai satisfait : le chanteur n'est plus un gringalet, mais un jeune homme visiblement en bonne santé qui s'éclate à alligner tous les clichés rock'n'roll (vas-y que je mords les cordes de ma gratte, vas-y que je saute et que j'attéris à genoux)... Le tout dans une ambiance de bonne humeur, le bonhomme ayant le sourire (ravageur, certaines filles du public tiennent à le préciser) constant. On aura ainsi droit à de très belles versions de Emotion Sickness et de Ana's song, ainsi qu'un Freak incendiaire. Résultat, Ben le moqueur ferme sa gueule.

Les Kings of leon balancent à leur tour un bon concert, quoi qu'un peu trop sage à mon goût, mais le succès du crew est parfaitement justifié.

Cocorosie appaise les foules, avec ses deux chanteuses (dont l'une d'entre elle est absolument carrément charmante) et leur trip-hop sans instruments électronique (beat box, piano, guitare sèche...). Voix déformées, mélodies planante et languissante au rendez vous, un concert de Cocorosie c'est un peu comme si vous sortiez d'un cabinet de massage extrèmement réputé pour ses vertues thérapeutique. J'avais plus mal aux épaules en ressortant.

J'assiste ensuite au concert de LCD Soundsystem, que je pensais être de l'électro dub. Très agréable surprise, c'est en fait à un cocktail survitaminé d'electro festif et e voix rock à laquelle j'ai à faire : les productions électro nous avaient habitué à des voix frêles féminines, ici le chanteur n'hésite pas à s'arracher les cordes vocales pour mieux se faire comprendre. Le tout est extrèmement dansant, explosif et jouissif.

Je pars tout de même avant la fin pour me trouver une place de choix pour admirer les pionniers de chez Nine inch nails. Il fait nuit lorsque le show commence, avec guitares saturées, beats et lumières aggressives. Dès la premières notes, une bande d'éxités défoncent les premiers rangs et je suis contraints de sortir les coudes pour mieux me défendre. Tandis que Trent Reznoz susurre ou hurle son chant malsain, la scène est plongée dans une épaisse fumée blanche dans laquelle un guitariste psychotique entre et sors comme dans du beurre, tout en jonglant avec son instrument. Le spectacle est hallucinant. au milieu du spectacle un rideau brouillé par de la neige de télévision tombe sur scène, et trois gaillards patibulaires dont Reznor s'exitent sur des machines aux beats ultra violents. Le visuel est incroyable, le public en transe. Nine inch nails en live, c'est bien simple, ça défouraille totalement.

Je suis malheureusement une fois de plus contraint de quitter le concert avant la fin pour aller voir mes chouchous sur la scène d'à côté. Cette fois ci, je ne regretterai pas d'avoir manqué la fin du set précédant : Sonic Youth, avec une indifférence presque totale, se pose en maitre incontesté du festival. C'est le dernier concert que je verrai et incontestablement le meilleurs. L'album culte Daydream Nation y est joué dans son intégralité et dans l'ordre s'il vous plait, avec sont début pop abrassif Teenage Riot, qui termine dans un bordel apocalyptique et par Thurston Moore et l'autre guitariste croisant les guitares comme des samouraïs, ce qui donne un larsen que certains trouveront abominable, d'autre tout bonnement génial (nul besoin de dire que je fais partie de la sconde catégorie). Suit Silver Rocket, méchant à souhait, puis Kim Deal saisit le micro pour chanter de sa voix si particulière des chansons ovniesques flippantes et planantes, toujours avec un sacré savoir faire au niveau des instruments désaccordés. Eric's trip, Hey Joni, Kissability... Et enfin les 14 minutes stridentes de Trilogy qui ressemblent autant à l'enfer qu'au paradis. Les cris de Kim Deal ne peuvent en aucun cas laisser indifférent. Ils sont ensuite rappellés à l'ordre par le public, qui bien sûr, en grand gourmand qu'il est, en redemande. après deux nouvelles chansons pop glauques et destructurées, c'est torse nu, en nage et la voix éraillée que je ressort, les yeux dans le vague. Je passe à côté du bruyant concert des Tool totalement indifférent, tant la claque que je viens de me prendre fut puissante.

Cela fait 3 nuits que je dors loin des tentes de Pukkelpop, je fais pourtant toujours le même rêve : Sonic Youth se battant à coups de guitare façon Jedi...

Pour finir, l'obligatoire top 5 :

1- Sonic Youth
2- Iggy and the Stooges
3- Nine Inch Nails
4- Nosfell
5- The Hives

Merci si vous avez lu jusqu'ici !
avatar
Pistache
*Acteur/trice banckable*

Nombre de messages : 346
Localisation : Avignon
Date d'inscription : 25/08/2005

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Pukkelpop 2007

Message  Mallory le Mer 5 Sep - 13:14

J'ai lu! Et c'était trop bien. Franchement tu m'as donné envie de me mêler à la plèbe et d'aller voir le prochain festival de rock prévu!
avatar
Mallory
*Acteur(trice) oscarisé(e)*

Nombre de messages : 438
Localisation : Paris
Date d'inscription : 24/08/2005

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Pukkelpop 2007

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum