J'ai toujours rêvé d'être un gangster

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J'ai toujours rêvé d'être un gangster

Message  Pistache le Ven 11 Avr - 15:15

Avec un titre pareil, on imagine bien Benchetrit se regarder dans un miroir en se menaçant lui-même avec son index. "You're talking to me ?"
J'ai toujours rêvé d'être un gangster, c'est un peu ça. Une série de quatre courts-métrages sympathiques, parfois drôles, parfois puérils, mais surtout ultra référencés. Trop référencés. Enfin, surtout pour le premier, avec Edouard Baer en braqueur maladroit et paumé, qui sympathise avec celle qu'il aurait dû prendre en otage. L'idée n'est pas nouvelle, les dialogues sont un mélange entre du Tarantino mou du genou et du Jarmush gras du bide, les clins d'oeils sont hyper appuyés. Cette première partie se révèle paresseuse, voir carrément gênante pour le spectateur qui ne serait plus novice. Le noir et blanc, la cafétéria paumée… Tout cela est bien pompeux.
Arrive alors la seconde et meilleure partie du film. Un enlèvement d'une jeune fille suicidaire orchestré par deux incapables espérant soutirer un gros paquet de blé à un père veuf. Superbement joué par le duo belge Bouli Lanners et Serge Larivière, cette histoire de syndrome de Stockholm est parsemée d'un humour bienvenu, mais surtout d'une amertume émouvante, qui peut être résumée par cette dernière phrase de Lanners : "on est pas des gangsters. On est juste dans la merde."
Le duo Bashung/Arno est sympathique, soit, mais sent le prétexte à plein nez. On sent bien que Benchetrit a vu Coffe & cigarettes et qu'il a envie de nous refaire le coup du duo de choc Iggy Pop/Tom Waits. In extremis, le passage trouve une raison d'être, mais la pirouette est limite. Décevant.
Enfin, Rochefort et ses vieux potes, dépassés par la vitesse à laquelle le temps défile, guettés par la mort, voient leur ancienne planque de voyous remplacé par la fameuse cafétéria. Une belle proximité des acteurs, dont l'amitié semble réelle, rend cette histoire sans grande surprise vraiment touchante, et proprement indispensable au film.
C'est au final, comme beaucoup de films à sketches, une œuvre inégale. Benchetrit est bouffé par ses références, et c'est fatiguant. Heureusement, l'ambiance à la fois élégiaque et naïve du tout, ainsi que la véritable beauté de la deuxième partie du film le hissent à quelques points au dessus de la moyenne. "
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